Le régime des primes Habitation, entré en vigueur le 14 février 2025, s’est arrêté le 30 septembre 2026. Depuis le 1er octobre 2026, il a été remplacé par un nouveau dispositif : deux prêts aidés, Rénopack et Rénoprêt, qui financent la rénovation énergétique des logements wallons non plus par une prime versée, mais par une réduction du montant à rembourser. Cet article fait le point sur ce nouveau régime, sur ce qu’il reste des primes pour les dossiers introduits à temps et sur les démarches à suivre aujourd’hui.
En bref
- Les Primes Habitation wallonnes se sont arrêtées le 30 septembre 2026 ; seuls les dossiers finalisés avant cette date en ont bénéficié.
- Depuis le 1er octobre 2026, elles sont remplacées par deux prêts aidés : le Rénopack (taux zéro + réduction du capital selon les revenus : ~50 % à 15 %) et le Rénoprêt (taux préférentiel, sans réduction).
- Le nouveau régime cible les passoires énergétiques (PEB E, F, G) et rend l’audit énergétique obligatoire pour tous.
- Montants empruntables : jusqu’à 75 000 € (maison), 60 000 € (appartement), 750 000 € (copropriété).
La rénovation énergétique des logements, un enjeu structurel en Wallonie
Cette politique de soutien s’inscrit dans une directive européenne visant à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments. Le parc résidentiel wallon reste vieillissant : de nombreux logements affichent encore un label PEB F ou G, alors que l’objectif régional est d’amener l’ensemble du bâti au label A d’ici 2050. Primes hier, prêts aujourd’hui : l’outil change, mais l’objectif reste le même.
Les primes Habitation : un régime qui a pris fin le 30 septembre 2026
Un régime né de la réforme du 13 février 2025
Le régime de primes qui vient de s’achever n’était lui-même pas le régime « historique » : il résultait d’une réforme annoncée le 13 février 2025 par le Gouvernement wallon, entrée en vigueur dès le lendemain, le 14 février 2025. Cette réforme avait entraîné une réduction moyenne d’environ 60 % des montants de primes par rapport au régime antérieur (celui de 2023), officiellement pour limiter les dérives budgétaires du système précédent. Un régime transitoire avait alors été instauré, courant du 14 février 2025 jusqu’au 30 septembre 2026, c’est ce régime-là, déjà revu à la baisse, qui vient de s’arrêter.
Deux démarches finançables : l’audit et les travaux
Jusqu’au 30 septembre 2026, les primes Habitation ont permis de financer deux types de démarches :
- la réalisation d’un audit logement, obligatoire pour accéder à la plupart des primes travaux, à l’exception de la toiture et de son isolation ;
- la réalisation de travaux d’amélioration énergétique, répartis en plusieurs postes : toiture, murs, sols, châssis, chauffage et eau chaude, ventilation, ainsi que la mise en conformité des installations électriques et gaz.
Chaque poste disposait de son propre montant de base, par exemple environ 20 €/m² pour l’isolation de toiture, 8,80 €/m² pour les murs, 6 €/m² pour les sols, 26 €/m² pour le remplacement des châssis, ou encore des montants fixes pour les équipements de chauffage (pompe à chaleur, chaudière biomasse, chauffe-eau solaire) et de ventilation (VMC simple ou double flux).
Un montant calculé selon vos revenus (catégories R1 à R4)
Le montant de base de chaque prime n’était jamais versé tel quel : il était multiplié selon la catégorie de revenus du ménage, un principe hérité des régimes précédents et censé cibler l’aide sur les foyers les plus modestes :
- R1 (revenu de référence jusqu’à environ 28 900 €) : coefficient ×6 ;
- R2 (de 28 900 € à 41 100 €) : coefficient ×4 ;
- R3 (de 41 100 € à 54 300 €) : coefficient ×3 ;
- R4 (de 54 300 € à 122 800 €) : coefficient ×2.
Au-delà de ce dernier plafond, le ménage n’était plus éligible. Dans tous les cas, la prime restait plafonnée à un pourcentage de la facture TVAC des postes concernés : 70 % pour les catégories R1 et R2, 50 % pour les catégories R3 et R4.
La date limite du 30 septembre 2026
Pour bénéficier de ce régime jusqu’au bout, deux conditions cumulatives devaient être remplies avant le 30 septembre 2026 à 23h59 : les travaux devaient être terminés, avec une facture finale datée au plus tard à cette échéance, et le dossier de demande complet devait être introduit dans le même délai. Les ménages qui n’avaient pas rempli ces deux conditions à temps n’ont pas pu bénéficier du régime de primes, même si leurs travaux étaient déjà entamés : leur dossier a automatiquement basculé dans le nouveau régime de prêts aidés entré en vigueur le 1er octobre.
Rénopack et Rénoprêt : d’un simple complément à la pierre angulaire du système
Avant la réforme du 1er octobre 2026, deux prêts à taux zéro existaient déjà en complément des primes : le Rénopack, octroyé par la Société wallonne du Crédit social ou le Fonds du Logement des Familles nombreuses selon la situation familiale du ménage, et le Rénoprêt, destiné à des travaux spécifiques (adaptation au handicap, panneaux photovoltaïques…) sans audit ni prime associée.
Le Gouvernement wallon a repris ces deux noms pour son nouveau régime, mais leur rôle a changé du tout au tout : ils ne sont plus un simple complément facultatif, ils sont désormais le seul mécanisme de soutien à la rénovation énergétique en Wallonie.
Le nouveau régime, en vigueur depuis le 1er octobre 2026
Le Gouvernement wallon a approuvé le 16 juillet 2026 les grandes lignes de ce nouveau dispositif, entré en application le 1er octobre, pour remplacer plus de 120 primes existantes par un système jugé plus simple, plus lisible et plus soutenable financièrement. L’objectif affiché est de sortir d’un modèle éclaté (des dizaines de primes différentes, des délais de traitement pouvant dépasser deux ans, un dépassement budgétaire estimé à environ un milliard d’euros) au profit d’un mécanisme unique, construit autour d’un seul dossier par projet.
Rénopack et Rénoprêt, les deux prêts qui remplacent les primes
Les primes versées directement au propriétaire disparaissent. À la place, deux instruments de prêt prennent le relais, chacun ciblant un profil de ménage différent :
- le Rénopack, un prêt à taux zéro assorti d’une réduction du montant à rembourser, réservé aux catégories de revenus C1 à C3 ;
- le Rénoprêt, un prêt à taux préférentiel mais sans réduction de capital, pour la catégorie C4, les propriétaires-bailleurs et les associations de copropriétaires.
Concrètement, vous empruntez la totalité du montant nécessaire à vos travaux, puis une partie de ce capital est effacée (pour le Rénopack) ou vous bénéficiez d’un taux d’intérêt avantageux (pour le Rénoprêt). Ces deux prêts sont accordés par les mêmes organismes que par le passé (la Société wallonne du Crédit social et le Fonds du Logement des Familles nombreuses en tête), mais leur rôle a changé du tout au tout : avant la réforme, ils n’étaient qu’un complément facultatif aux primes ; ils sont désormais l’unique porte d’entrée du soutien régional à la rénovation.
Un ciblage prioritaire sur les passoires énergétiques
Contrairement à l’ancien régime, accessible à tous les logements sans condition de performance énergétique de départ, le nouveau dispositif se concentre sur les logements les moins performants :
- les logements classés PEB G ou F doivent atteindre au minimum le label D à l’issue des travaux ;
- les logements classés PEB E doivent atteindre au minimum le label C.
Un logement déjà classé D, C, B ou A n’ouvre donc plus le droit au Rénopack ou au Rénoprêt : le dispositif est volontairement recentré sur les biens qui pèsent le plus lourd dans la facture énergétique globale de la Région, plutôt que saupoudré sur l’ensemble du parc immobilier.
L’audit énergétique préalable, obligatoire pour tous
Sous l’ancien régime, un audit n’était pas exigé pour les seuls travaux de toiture et d’isolation de toiture. Cette exception disparaît : depuis le 1er octobre 2026, aucun dossier n’est recevable sans audit énergétique préalable, quel que soit le type de travaux envisagé.
Réalisé par un auditeur agréé, cet audit Logement remplit une double fonction : il établit le diagnostic de performance qui confirme l’éligibilité du logement (label de départ et objectif à atteindre), et il détermine le plan de travaux global sur lequel sera calculé le montant du prêt. C’est ce document qui sert de base à l’ensemble du dossier, du choix des postes de travaux jusqu’au montant final emprunté.
Des montants empruntables revus à la hausse
Le plafond d’emprunt augmente sensiblement par rapport à l’ancien régime, pour permettre de financer des rénovations plus globales plutôt que des travaux isolés :
- 75 000 € pour une maison unifamiliale, contre 60 000 € auparavant ;
- 60 000 € par logement pour les parties privatives d’un appartement ;
- jusqu’à 600 000 € pour les parties communes d’une copropriété de moins de 20 lots, ou 750 000 € au-delà.
Ces montants constituent des plafonds, pas des forfaits automatiques : le montant réellement emprunté dépend du devis validé lors de l’audit et de l’ampleur des travaux nécessaires pour atteindre l’objectif de label fixé.
Une réduction de capital modulée selon vos revenus
Comme dans l’ancien système de primes, l’avantage financier dépend directement de votre revenu de référence. Pour le Rénopack, la part du capital emprunté qui est effacée varie ainsi :
- environ 50 % pour la catégorie C1 (revenus les plus modestes) ;
- environ 40 % pour la catégorie C2 ;
- environ 15 % pour la catégorie C3.
Au-delà de ces trois catégories, les ménages basculent en catégorie C4 et relèvent du Rénoprêt : plus de réduction de capital, mais un taux d’intérêt resté nettement plus avantageux qu’un crédit rénovation classique. Une majoration existe également par personne à charge, ce qui peut faire basculer un ménage nombreux dans une catégorie plus favorable.
Le parcours du candidat rénovateur : un accompagnement à trois niveaux
Conscient que la réforme change en profondeur les habitudes des propriétaires, le Gouvernement a prévu un accompagnement structuré, baptisé « parcours du candidat rénovateur », qui se décline en trois niveaux :
- une information générale, accessible à tous, pour comprendre le fonctionnement du régime et vérifier son éligibilité ;
- un accompagnement personnalisé du projet, incluant une aide au montage du dossier de financement ;
- une prise en charge quasi complète des démarches administratives, réservée en priorité aux ménages qui en ont le plus besoin, notamment les catégories de revenus les plus modestes.
Ce dispositif doit être progressivement piloté par l’Agence wallonne de l’Habitation, avec un agrément officiel des opérateurs de terrain prévu à partir de 2028. En attendant cette prise en main complète, les Guichets Énergie et les services d’Info-Conseils Logement déjà existants restent les points de contact de référence pour se faire accompagner.
Conditions d’éligibilité
Le demandeur doit :
- être une personne physique (ou le représentant d’une copropriété), âgée d’au moins 18 ans ;
- être inscrit au registre de la population ou des étrangers ;
- être titulaire d’un droit réel sur le logement.
Le logement, quant à lui, doit :
- être situé en Wallonie ;
- être un bâtiment âgé de plus de 15 ans ;
- être destiné au logement pour au moins 50 % de sa superficie ;
- depuis le 1er octobre 2026, être classé PEB E, F ou G pour ouvrir le droit au Rénopack ou au Rénoprêt.
Engagements et obligations
Le demandeur s’engage, selon les cas, à :
- occuper le logement comme résidence principale pendant 5 ans minimum ;
- mettre le logement à disposition d’une agence immobilière sociale ou d’un organisme désigné pendant 9 ans minimum ;
- ou louer le logement via un bail enregistré respectant les grilles indicatives de loyers, pendant 5 ans.
Ces engagements, hérités de l’ancien régime de primes, restent d’application dans le nouveau système de prêts aidés.
Mon dossier de prime était en cours au moment du changement : que devient-il ?
Si votre audit avait été enregistré et vos travaux réalisés avant le 30 septembre 2026, avec une facture finale datée avant cette échéance et un dossier complet introduit à temps, votre demande a été traitée selon l’ancien régime de primes, quelle que soit la date de la décision administrative. Un projet dont le dossier n’était pas complet à cette date a, en revanche, automatiquement basculé dans le nouveau système : il n’existe pas de cumul entre l’ancienne prime et le nouveau prêt pour un même poste de travaux.
Comment introduire votre demande de Rénopack ou de Rénoprêt aujourd’hui ?
La procédure reprend la logique de l’ancien régime, avec l’audit comme point de départ obligatoire :
- Audit énergétique préalable : réalisé par un auditeur agréé, il définit les travaux prioritaires et le montant global du projet.
- Choix de l’entrepreneur : celui-ci doit être inscrit à la Banque-Carrefour des Entreprises, sous peine de perdre le bénéfice du dispositif.
- Demande de prêt : Rénopack auprès de la Société wallonne du Crédit social ou du Fonds du Logement, Rénoprêt auprès des organismes agréés.
- Réalisation des travaux, conformes au plan défini par l’audit.
- Accompagnement possible via le parcours du rénovateur, à tout moment de la démarche.
Besoin d’un accompagnement
dans vos démarches ?
L’équipe Batigrade se tient également à votre disposition pour vous accompagner dans vos démarches,
qu’il s’agisse de réaliser votre audit logement ou de préparer votre dossier de Rénopack ou de Rénoprêt.
FAQ — Primes Habitation 2026 en Wallonie
Existe-t-il encore une prime habitation en 2026 ?
Non. Le régime des Primes Habitation s’est arrêté le 30 septembre 2026. Depuis le 1er octobre, il est remplacé par deux prêts aidés : le Rénopack et le Rénoprêt.
Quels changements interviennent dans les primes habitation à partir d'octobre 2026 ?
Les primes versées disparaissent au profit d’une réduction du capital à rembourser sur un prêt à taux zéro (Rénopack) ou d’un prêt à taux préférentiel (Rénoprêt), avec un audit énergétique devenu obligatoire pour tous.
Comment savoir si je suis éligible au Rénopack ou au Rénoprêt ?
Votre logement doit être situé en Wallonie, âgé de plus de 15 ans, et classé PEB E, F ou G. Un audit énergétique préalable, réalisé par un auditeur agréé, confirme votre éligibilité et fixe l’objectif de label à atteindre.
Quels sont les montants maximums empruntables en 2026 ?
Jusqu’à 75 000 € pour une maison unifamiliale, 60 000 € par logement pour un appartement, et jusqu’à 750 000 € pour les parties communes d’une grande copropriété.
Quelle réduction puis-je obtenir sur mon prêt Rénopack ?
La réduction du capital à rembourser varie selon vos revenus : environ 50 % pour la catégorie C1, 40 % pour la C2, et 15 % pour la C3, avec une majoration par personne à charge.
Qu'est-ce que le Rénoprêt et qui peut en bénéficier ?
Le Rénoprêt est un prêt à taux préférentiel, sans réduction de capital, destiné aux ménages de catégorie C4, aux propriétaires-bailleurs et aux copropriétés.
L'audit énergétique est-il obligatoire pour tous les travaux de rénovation ?
Oui. Depuis le 1er octobre 2026, l’audit énergétique préalable est obligatoire pour tous les dossiers, y compris pour les seuls travaux de toiture, qui en étaient dispensés sous l’ancien régime.
L’audit énergétique est-il encore soumis à primes?
Il n’existe plus de primes de primes habitations pour l’audit. L’audit fait cependant partie des investissements élligibles, son coût peut donc être inclus dans les demandes de prêt Rénopack et Rénoprêt afin de pouvoir bénéficier des mêmes conditions préférentielles.
Mon dossier de prime était en cours au 30 septembre 2026 : que devient-il ?
S’il était complet (travaux terminés, facture finale et demande introduite) avant cette date, il a été traité selon l’ancien régime de primes. Sinon, il bascule automatiquement dans le nouveau système de prêts aidés.
Gérant & expert énergétique
Olivier de Vinck est un ingénieur civil spécialisé en efficacité énergétique. Depuis la fondation de BatiGrade en 2022, il accompagne les propriétaires à travers chaque étape de leur rénovation énergétique, en partant toujours d’une compréhension claire de leurs besoins.